Une décision choc du conseil départemental de Savoie
Le conseil départemental de la Savoie a officiellement annoncé sa suspension de sa participation aux réunions de préparation des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. Cette décision, rendue publique mardi par le Dauphiné Libéré, intervient après un courrier daté du 1er décembre signé par Hervé Gaymard, président du conseil départemental, et adressé à Edgar Grospiron, président du Comité d’organisation des Jeux 2030 (Cojop). La lettre, également transmise à la ministre des Sports Marina Ferrari, exprime le refus du département de continuer à considérer sa participation comme une simple variable d’ajustement budgétaire dans un projet dont il n’a pas été à l’initiative, mais qu’il accompagne.
Dans ce courrier, Hervé Gaymard souligne que la Savoie n’a pas été consultée sur la candidature elle-même, ni sur la sélection des sites, notamment ceux de La Plagne et Courchevel, qui accueilleront plusieurs compétitions olympiques selon le schéma préféré du Cojop. Il dénonce également le manque de visibilité sur la maquette financière et les engagements des autres collectivités, ce qui selon lui, complique toute prise de décision responsable. La décision de suspension intervient dans un contexte de mécontentement croissant, notamment suite à plusieurs contretemps dans le dossier des JO 2030, y compris des recours auprès d’organismes internationaux et de tribunaux français, dénonçant un processus opaque sans participation du public.
Les enjeux locaux et le passé d’engagements
Le conseil départemental de la Savoie évoque aussi ses investissements antérieurs pour la modernisation des infrastructures liées aux Jeux, notamment les travaux à Saint-Bon et La Plagne, pour un montant supérieur à 11 millions d’euros. Ces investissements, selon Hervé Gaymard, ont été déterminants dans le choix des Alpes françaises pour accueillir ces Jeux. Cependant, cette suspension marque une rupture avec l’engagement initial du département, qui souhaite désormais se désolidariser d’un projet qu’il ne considère pas conforme à ses attentes ni à sa vision des responsabilités territoriales.
Ce coup de théâtre n’est pas le premier dans ce dossier, qui a déjà connu plusieurs flottements, notamment concernant la participation de Val d’Isère et la désignation des sites. La situation pourrait également déboucher sur de nouvelles démarches juridiques, avec des recours en cours, dénonçant notamment l’absence de véritable débat public dans le processus de candidature.




